À ses premières
élections, en 1994, l'ADQ obtient 6,5 % des suffrages et fait élire
un député, Mario Dumont. Depuis le vent a tourné
et, à l'été 2002, les sondages lui accordent 40 % des
intentions de vote. Ces résultats soulèvent des débats
passionnés et suscitent un nouvel intérêt pour la politique
provinciale.
Pourquoi s'attarder uniquement au programme de l'ADQ ? C'est que, le Parti libéral du Québec et le Parti québécois existant depuis des décennies, l'électorat sait à quoi s'en tenir. II n'en est cependant pas de même du parti de Mario Dumont, qui se targue de fraîcheur et préconise le changement. Au-delà des joutes oratoires et des tergiversations du chef, il nous semble important de juger la nouveauté et le changement prônés par le programme qu'ont peaufiné les militants de l'ADQ. L'analyse rigoureuse de ce document nous permet de comprendre les fondements idéologiques de ce nouveau parti, que tendent parfois à masquer les préoccupations opportunistes de tout programme étroitement électoral. Divers spécialistes interviennent donc sur onze sujets auxquels ce parti accorde de l'importance : la sauté (Contandriopoulos, Rousseau et Denis), l'économie (Langlois), le taux d'imposition uniforme (Péan et Charron), la politique sociale (Dufour), le remboursement de la dette (Beaulne), les relations de travail (Gagnon), l'éducation (Baillargeon), la famille (Dandurand), la position constitutionnelle (Bourque), la régionalisation (Côté) et la réforme des institutions politiques (Boismenu). IL EN RESSORT QUE CE PARTI DÉFEND LE NÉOLIBÉRALISME
ET EST SYSTÉMATIQUEMENT DE DROITE ! Jean-Marc Piotte enseigne la philosophie politique et éthique au Département de science politique de l'Université du Québec à Montréal. II est l'auteur de plusieurs ouvrages dont Les Neuf Clés de la modernité (2001), Du combat au partenariat (1998) et Les Grands Penseurs du monde occidental (1997).
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