| Manifeste pour un revenu de citoyenneté |
L'humanité a toujours poursuivi l'objectif
d'éliminer le travail. Elle y réussit admirablement
par les progrès de la technologie, de la génétique,
celui des communications, etc. Logiquement, il faudra donc dissocier
le revenu du travail qui s'amenuise. Les idéologies de l'insertion
sociale par le travail, de la société salariale et du plein
emploi vacillent déjà. Qui a intérêt à
perpétuer un modèle qui ne livre ses biens qu'à ceux
qui peuvent offrir un travail de moins en moins payé et de plus
en plus précaire ?
Le progrès fait que les biens premiers abondent
alors que, paradoxalement, une partie de la population en manque.
Une réforme inévitable de la distribution pointe vers le revenu
de citoyenneté universel et inconditionnel. Son coût
net se calcule en déduisant les coûts des anciens programmes,
les coûts de la pauvreté et les recettes fiscales supplémentaires
de son effet de stimulation économique. Son coût n'est
pas plus élevé que les propositions actuelles de réductions
d'impôts des patrons, sauf que les fonds demeurent sous le contrôle
de l'action publique.
Plutôt que de créer un modèle
québécois, on nous invite à imiter la fiscalité
et le cheminement vers l'État minimal de la société
américaine qui sombre dans la violence, l'inéquité
et qui radie de plus en plus le droit social en faveur de la charité
privée et du droit exclusif de propriété privée.
La mondialisation fait que les multinationales jouent les États
les uns contre les autres. II n'y a pas d'avenir dans ce modèle.
Le revenu de citoyenneté fera un jour partie
de la Constitution du pays du Québec, et c'est nous qu'on imitera,
si nous en avons la volonté politique.
Michel Bernard, diplômé en sciences
sociales, science et technologie, B.sc. comm., M.B.A., M.A. (philosophie),
membre de l'ordre des comptables en management (CMA), professeur de sciences
comptables à l'UQAM.
Michel Chartrand, syndicaliste, militant anti-pauvreté,
conférencier.
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