Fidel Castro

entretiens sur la religion

avec Frei Betto

Fidel_Castro_ent_religion_F_Betto.JPG Frei Betto

Fidel Castro

CERF/BELLARMIN, 1985, 1986, 271 pages

    Ce livre déborde le cadre d'un entretien avec un homme qui a marqué l'histoire récente, mais qui parle volontiers aussi de son expérience personnelle : fils d'immigrés espagnols, éduqué chez les jésuites, bon élève, sportif, mais surtout intéressé par la politique et assez peu par la religion.  C'est pourtant la religion qui livre le fil conducteur de ce dialogue exceptionnel, le premier de ce type accordé par un chef d'État communiste.  La religion est inséparable
de la vie quotidienne du peuple d'Amérique latine et l'avenir politique de ce continent passe par elle.  À Cuba, l'Église catholique s'est retrouvée minoritaire après la révolution et marginalisée.  II n'en est pas de même dans les autres pays environnants.  Le Nicaragua le montre.  Et bientôt, c'est en Amérique latine que se retrouvera la majorité de l'Église catholique.  Jean-Paul II le sait.  Fidel Castro aussi.  Face au sous-développement et à l'endettement infernal, comment forces politiques et religieuses vont-elles réagir, chercher des alliances et, dans l'action, se modifier elles-mêmes tout en gardant leur identité ?

    « La normalisation largement amorcée avec l'Église cubaine s'inscrit dans une stratégie beaucoup plus large de rapprochement avec l'Amérique latine.  Le volet "religieux" d'une offensive déjà marquée par les prises de position radicales adoptées par M. Fidel Castro sur le problème de la dette extérieure.»
Marcel Niedergang, Le Monde,14 mars 1986.

    « C'est un travail totalement inattendu : bien fait, bourré d'anecdotes, mais surprenant vraiment, avec un Fidel capable de nourrir une discussion évangélique et apostolique avec bien davantage que ses seuls souvenirs d'élève des jésuites.  Venant du premier secrétaire d'un parti qui refuse la présence de chrétiens dans ses rangs, il y a là tous les signes d'une hétérodoxie intelligente, énoncée à la manière de celui qui demeure "un gran conversador".»
Jean-François Fogel, Libération, 8-9 février 1986.

    « Voici donc Fidel Castro contraint d'intégrer "la problématique religieuse" dans l'idéologie marxiste qui a conduit depuis sa jeunesse son action politique. »
Jean Potin, La Croix, 25 septembre 1986.