Rien ne pourra freiner la marche de l'Histoire - Interview concédée a Jeffere Elliot et Mervin Dymally
sur de nombreux thèmes économiques, politiques, et historiques
Rien_freiner_histoire_F_Castro.jpg Fidel Castro

Editora Politica, La Habana, 1985, 201 pages

    Il faut poser maintenant le principe de la fraternité et de la solidarité entre les peuples. Je crois même que ce principe doit faire partie prenante du concept de nouvel ordre économique mondial. Il ne s'agit pas seulement de la réparation de l'injustice historique dont nous serions responsables, mais aussi d'un impératif moral vis-à-vis de l'espèce humaine, même si nous n'étions pas coupable de sa tragédie actuelle. Si l'on part de ces principes, qui impliquent une idée de justice et de solidarité entre les peuples telle qu'elle existe plus ou moins au sein de chaque nation, alors la coopération internationale doit devenir l'un des principes clés de ce nouvel ordre.

     Nous nous trouvons devant des événements et des situations vis-à-vis desquels les pays n'ont pas d'autres choix que chercher une issue, et cette issue se trouvera en tout cas dans la ligne que j'ai signalée. Elle ne sera peut-être pas exactement pareille, mais elle se trouvera en tout cas dans cette ligne-là. La dette est purement et simplement irrecouvrable. Si on a pu dire un jour : "Donne-moi la liberté ou donne-moi la mort", le choix est aujourd'hui pour les dirigeants latino-américains l'annulation de la dette ou la mort politique.