L'impasse de la globalisation

Une historique sociologique et philosophique du capitalisme

impasse_globalis_M_Freitag.jpg Michel Freitag

écosociété, 2008, 415 pages

    Derrière cette globalisation « incontournable » se cache toute la question du rapport entre l'économique et le politique. Pourquoi cette récente suprématie de l'économie ? Comment, à travers la genèse du capitalisme, comprendre les sources de l'aveuglement néolibéral ?

    Associant les perspectives herméneutiques de l'histoire, de l'économie, de la sociologie et de la philosophie, Michel Freitag met en lumière les développements du capitalisme, réactualisant au passage le terme grec d’oikonomia — une économie centrée sur la communauté de vie — en l'opposant à celui de chrématistique, « l'art » individualiste de faire de l'argent. La chrématistique généralisée a fini par supplanter l’oikonomia traditionnelle. Aujourd'hui, le néolibéralisme conserve le même discours sur la liberté individuelle et les lois naturelles du marché que le libéralisme classique, en lui ajoutant cependant une déconstruction systématique des concepts, des limites normatives, institutionnelles et identitaires. Avec la période moderne, nous avons réalisé l'idéal de liberté individuelle et nous nous sommes affranchis de tout... sans voir que la libération de l'économie prenait la place de la libération de l'homme ! C'est la disparition annoncée de la société comme ordre symbolique et politique.

    L'impasse de la globalisation propose une réflexion critique de l'évolution du capitalisme sur laquelle nous appuyer afin d'imaginer les formes que devrait prendre un réaménagement postcapitaliste des conditions de vie sur Terre. Mais réfléchir à d'autres chemins, et ainsi quitter l'impasse, nous oblige à questionner la nature essentielle de ce qu'il s'agit de préserver et de sauver, ainsi que notre propre rapport au monde.

    Michel Freitag est professeur émérite au département de sociologie de l'UQÀM. Parmi de nombreux articles et ouvrages, il a écrit Le naufrage de l'université, éd. Nota Bene (Prix du Gouverneur Général 1996).

    Patrick Ernst est sociologue ; il enseigne la sociologie à la Haute École de travail social de Genève.