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George Orwell
De la guerre civile espagnol
À 1984
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George Orwell, qui a participé à la guerre
civile espagnole en tant que combattant, a écrit en 1942 ces quelques
phrases qui annoncent presque mot pour mot le monde fictif de son
célèbre roman, 1984, publié en 1949 :
| « Je me rappelle avoir dit un jour à Arlhur
Koestler : "L'histoire s'est arrêtée en 1936", ce à
quoi il a immédiatement acquiescé d'un hochement de tête. Nous
pensions tous les deux au totalitarisme en général, mais plus
particulièrement à la guerre civile espagnole. En Espagne, pour
la première fois, j'ai vu des articles de journaux qui n'avaient
aucun rapport avec les faits, ni même l'allure d'un mensonge
ordinaire. J'ai lu des articles faisant état de grandes batailles
alors qu'il n'y avait eu aucun combat et des silences complets
lorsque des centaines d'hommes avaient été tués. J'ai vu des
soldats qui avaient bravement combattu être dénoncés comme des
lâches et des traîtres, et d'autres, qui n'avaient jamais tiré
un coup de fusil, proclamés comme les héros de victoires
imaginaires. Ce genre de choses me terrifie, parce qu'il me donne
l'impression que la notion même de vérité objective est en
train de disparaître de ce monde. A toutes fins utiles, le
mensonge sera devenu vérité. L'aboutissement implicite de ce
mode de pensée est un monde cauchemardesque dans lequel le Chef,
ou quelque clique dirigeante, contrôle non seulement l'avenir,
mais le passé. Si !e Chef dit de tel événement qu'il ne s'est
jamais produit, alors il ne s'est jamais produit. S'il dit que
deux et deux font cinq, alors deux et deux font cinq. Cette
perspective m'effraie beaucoup plus que les bombes. » |
Peu de gens savent que l'inspiration première de
1984 est la participation d'Orwell à la guerre civile espagnole et
la terreur stalinienne qu'il y a découverte. La mise en évidence de ce
lien constitue la trame de ce livre.
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