La révolte des traîneux de pieds

Histoire du Syndicat des employé(e)s de magasins et de bureau de la SAQ

revolte_traineu_P_Godin.JPG Pierre Godin

Boréal, 1991, 557 pages

    «Les traîneaux de pieds».  On surnommait ainsi, dans les années 60, les employés de la Régie des alcools qui ravitaillaient les Québécois en vin ou en gros gin en traînant leurs savates derrière des comptoirs grillagés aux allures de confessionnaux.
    Ils n'étaient que 3000, mais ce sont eux, les prolétaires du nouveau secteur public, mal payés, sous-scolarisés, qui ont obtenu les premiers la reconnaissance syndicale, malgré Jean Lesage, qui soutenait que «la reine ne négociait pas avec ses sujets», et qui ont déclenché la première grève de la fonction publique québécoise.
    Aujourd'hui, on les appelle les «Connaisseurs».  Ils sont jeunes, ils gagnent bien leur vie et en savent long sur le vin.  C'est même leur détermination qui a réussi à sauver leur employeur, la SAQ, menacée par le projet de privatisation du Parti Québécois.
    Dans La Révolte des traîneaux de pieds, Pierre Godin fait bien plus que relater la saga tumultueuse d'un syndicat particulièrement énergique.  C'est toute une tranche de notre histoire sociale que ce livre fait revivre.  II raconte aussi bien la relation des Québécois à l'alcool depuis le début du siècle que la lutte de ces «gens ordinaires» pour participer à la Révolution tranquille tant chantée par les politiciens.