« Je refuse de vivre
dans un monde qui engendre la corruption et le meurtre, sans lever
le petit doigt...» Une cicatrice qui ne guérira
jamais. La douleur ne me quittera jamais, me rappelant des choses que
j'ai vues. Je refuse de vivre dans un monde qui engendre la corruption
et le meurtre, sans lever le petit doigt. Je refuse d'approuver, par
inaction ou par insouciance, les guerres que des hommes avides font contre
d'autres. ... L'Espagne et la Chine sont des batailles d'une même
guerre. Je vais en Chine parce que c'est là que le besoin est
le plus grand et que je suis le plus utile. »
Norman Bethune, 1938. Peu après, ce médecin canadien partit pour Yenan, zone libérée, où les partisans de Mao Tsetoung repoussaient à la fois les attaques de Tchiang Kaï-Chek et celles de l'envahisseur japonais. En Chine, il devient médecin de guérilla, et met sur pied le service médical de la 8e armée de route. En peu de temps, sa réputation se répand dans tous les territoires libres de la Chine. Pai Tchou-en (le Blanc-cherche-grâce) est cité en exemple de dévouement infatigable, de courage et de sang-froid. En Amérique, il était surtout réputé en tant que chirurgien thoracique. Mais il fut aussi inventeur, peintre, poète et bohème invétéré. C'est à Montréal, durant la grande Dépression. qu'il a commencé sa Longue Marche, qui le conduisit de la bohème, de la défaite. de la maladie, de l'abîme de la mort jusqu'aux champs de bataille de l'Espagne et de la Chine. Cette biographie, déjà traduite en vingt langues, révère ce tourbillon que fut Norman Bethune. En même temps, son histoire est aussi en partie l'histoire de son temps; le Montréal des années 30, la Guerre Civile d'Espagne, et la lutte pour la libération de la Chine. Béthune est inhumé en Chine, dans la ville de Chi-Tcha-Tchouang. Des millions de visiteurs viennent le saluer à son dernier repos : célébrités et paysans, vedettes et travailleurs anonymes. Ils partagent le même respect, ils éprouvent la même gratitude. Car dans le souvenir de la vie de cet homme, les grands retrouvent le peuple d'où ils tirent leur force, et les masses apprennent que la voie de la grandeur est ouverte à tous . |