Marx I

Une philosophie de la réalité

Marx_I_Une_Philo_M_Henry.JPG Michel Henry

tel Gallimard, 1976, 481 pages

    L'intelligence de la pensée de Marx suppose la mise hors jeu du marxisme.  Le marxisme s'est constitué en doctrine achevée et officielle en l'absence de toute connaissance des écrits  philosophiques fondamentaux de Marx, et notamment de L'idéologie allemande, publié en 1932.  II repose sur des textes qui ne portent pas leur principe d'intelligibilité en eux-mêmes.  II s'est enfin voulu d'accord avec l'objectivisme moderne.
    Dans une lecture entièrement neuve de l'oeuvre complète de Marx, Michel Henry en dévoile l'intuition fondatrice : la subjectivité corporelle de l'individu vivant, qui définit à la fois son existence et sa condition de travailleur.  II montre qu'une phénoménologie de la vie concrète constitue identiquement chez Marx la mise à nu de tout le système économique et le principe unique de son explication.  La valeur est produite exclusivement par le travail vivant.  Le destin du capital est donc celui de la praxis subjective de l'individu.  Seul un procès de production incluant en lui l'effectuation de cette praxis est un procès de valorisation.  Dès qu'il s'en sépare - et le progrès technologique inaugure l'ère de cette séparation -, la valorisation et le capitalisme ne sont plus possibles.

    Michel Henry, Professeur émérite a l'université de Montpellier, est notamment l'auteur de L'essence de la manifestation (P.U.F, 1963, 2 vol., coll. «Epiméthée») et de Philosophie et phénoménologie du corps, Essai sur l'antologie biranienne (P.U.F., 1965).